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04/08/2009

L'art de la liste (l'archéologue et la sardinette)

11 Juin 2009
Beaucoup d'entre vous nous interrogent gentiment : avez-vous prévu une liste de mariage ? Auriez-vous besoin d'un nouveau service à vaisselle, d'un congélateur, de spécialités exotiques, d'une belle nappe brodée?... Hélas, rien de tout cela, les amis. Notre frigidaire américain fait déjà un congélateur honorable, les spécialistes exotiques feront le régal des douaniers, la nappe est une bonne idée...  quand on a une table (*).

Quant au service à vaisselle, je confesse une faiblesse dans ce domaine entre la tradition de casse à la maison, que nous avons dignement reprise à notre compte, et une remarquable propension à réunir des objets d'inspiration variée qui donnent à l'ensemble une allure de bric et de broc assez intéressante et qui devraient normalement occuper les archéologues de l'an 10, 000 après notre mariage pendant un petit moment.

Mettons donc qu'on puisse en discuter pour la vaisselle. Le problème cela dit, confessons-le, c'est que nous n'avons pas d'envie particulière de nous faire offrir de la vaisselle. Si l'envie d'aventure (ménagère) nous en prenait - un passage à vide dans lequel on se dirait : "Il y a un truc important qui nous manque dans la vie, c'est un service douze pièces (en cherchant des noms de marque de vaisselle, je tombe d'ailleurs sur des forums de Au.féminin.com extrêment actifs sur le sujet) est toujours possible -, le moment venu, "on" se chargera de remettre tout ça d'équerre.

Il suffit qu'on le décide et on portera les cartons en faisant attention de ne pas tomber dans les escaliers. On n'a qu'à regarder où on met les pieds en cessant de souffler comme une bête de somme et en ouvrant les deux lourdes portes de l'entrée tout en jetant un oeil à la voiture garée en double file devant la maison pendant que passe une patrouille de NYPD et en fermant le parapluie par la même occasion... Ce n'est quand même pas très compliqué, non ?

Et voilà que ça recommence : pas moyen d'expliquer quelque chose simplement sur ce blog sans se perdre en digressions aussi farfelues qu'inutiles, qui n'ont d'ailleurs aucun rapport avec des situations réelles... ("Mon doudou (c'est mon vrai nom à la maison, Mondoudou, ça en impose non ? Tu rencontres un type pour une négociation tendue, le type se présente : "My name is Mondoudou, Mondoudou Beaunay but you can call me Mondoudou", tout de suite le type en face doit être glacé de terreur), j'ai vu l'autre jour ce truc sur cette histoire de blog-là et je me demandais : pourquoi tu dis que ça n'a aucun rapport avec la réalité ?...) et qui font perdre à l'auteur comme aux invités un temps considérable - j'ai même des indices selon lesquels certains s'endormiraient dessus aux antipodes, mais ça doit être le décalage horaire. 

Mais alors, quoi ? L'essentiel d'abord, qui n'est pas de forme. Dès le début, considérant le court délai que nous vous avons laissé et l'effort d'organisation requis pour venir nous rejoindre, nous avons indiqué qu'il n'y aurait pas de liste - la liste essentielle étant donc celle des invités. Franchement, on est vraiment très sensibles au fait que vous vous soyez libérés pour venir (et on attend avec impatience une dernière confirmation !) et cela, pour tout dire, nous fait un plaisir (presque) aussi immense que celui de recevoir un nouveau service de vaisselle.

Mais cela créerait en même temps un risque non négligeable : celui que chacun y aille de son assiette, de sa table de chevet, de son mug, de son portemanteau, de ses serviettes, de sa lampe de bureau... ce qui ne ferait qu'empirer le bric et broc existant, et compromettre par la même occasion le doctorat en archéo du malheureux qui bossera là-dessus plus tard. J'en ai connu cela dit dans le Pacifique qui ont fait une thèse de huit ans, de radeau en radeau, sur les techniques de pêche polynésienne; ou qui aujourd'hui encore passent de rivière en rivière en Calédonie pour sauver les petits poissons... Au moins à Marseille, on a trouvé la parade : tu mets une sardine à l'entrée du port, ça bloque les bateaux et hop, au diable la sardinette, tout le monde peut regarder le match tranquille à la maison.

Bref, une première idée, dans ce contexte, était de vous proposer de contribuer à un organisme local à vocation humanitaire. Réflexion (vite faite), deux réserves là-dessus : d'une part, chacun est assez grand pour décider de ce qu'il souhaite faire ou non dans ce domaine sans avoir à y être invité ; d'autre part, cela n'aurait de sens réel que si nous étions déjà engagés dans une association de ce type ici - ce qui n'est pas le cas - car, dans ce domaine, si l'argent est une chose, le temps que nous sommes prêts à consacrer à telle ou telle activité (aide aux sans abri, soutien éducatif, lutte contre telle maladie, action environnementale...) me semble être un facteur autrement plus important. Soit dit en passant, nous ne parlons ici que de ce que nous ne connaissons que très imparfaitement. Raison de plus pour ne pas vous imposer ce choix.

Une deuxième idée est de vous proposer, si vraiment vous souhaitez faire quelque chose au-delà de votre participation - ce qui, encore une fois, n'est absolument pas nécessaire -, de contribuer à l'achat d'une oeuvre d'art, vraisemblablement une toile. Cela fait longtemps que nous cherchons ici ou là sans avoir pu réellement nous décider pour quelque chose Et puis, ce sera comme pour la campagne d'Obama : ça commence à quelques dollars et ça fait de jolies histoires... Ce serait un don qui, au final, nous et vous appartiendra en même temps, tout en symbolisant le moment que nous aurons passé ensemble.

Ouf. (**)

Qu'en pensez-vous ?


(*) Mon frère, qui a connu la maison à Paris avant celle de New York, a fait ce diagnostic imparable en passant par ici il y a quelques mois : "Vous avez un problème de table". Cela dit, oh la, pas de panique les enfants, d'abord il y a bien une table en fait, mais c'est une table... de jardin qui a atterri sur la terrasse, où nous prenons la plupart de nos repas avec plaisir quand le temps le permet - petit déjeuner et déjeuner au soleil, dîner normalement au calme quand le propriétaire, au-dessous, ne s'excite pas sur son barbecue, au milieu des immeubles alentour d'où viennent, au choix et selon l'heure, des airs d'opéra, de saxophone, de trompette ou de batterie, et des jardins et arbres voisins où les chats poursuivent les écureuils qui coursent les oiseaux... Bref, un vrai zoo polyphonique. Ce qui, à tout prendre, est tout de même préférable à un pool zoophilique. 

(**) Et voilà, avec ses histoires, on a encore séché la messe, j'ai un avion à prendre dans deux heures, ma valise n'est pas faite, Poune essaie d'imprimer le billet et on me parle d'une assiette fraîcheur pour le déjeuner sur la terrasse pour laquelle je ne vois guère d'ingrédients dans le frigo... Du coup, on pourrait peut-être aller faire les courses ? Et d'ailleurs, on ferait mieux de faire une liste avant, comme ça on évitera de ressortir une fois rentré vu qu'on oublie toujours quelque chose... 

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