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20/01/2009

De la supériorité du handball sur la couture

C'est Onesta, le sélecteur national déjà auréolé de la formation française, la première faut-il le rappeler à avoir donné à la France, en 1995, un titre collectif mondial, qui le dit à la veille des championnats du monde de handball qui se tiennent actuellement en Croatie :

" Le handball et le rugby sont des sports cousins, deux sports où le combat est important et la dimension collective indispensable".

Oui oui, il faut faire et refaire du handball, aller au contact, s'engouffrer dans les espaces, libérer la puissance, sentir les trajectoires, feinter, foncer, porter le collectif, tenir la défense, inspirer l'attaque !

Supériorité du handball sur le rugby, puisqu'il ajoute la précision à la puissance, à la couture pour la raison inverse, et à la politique aussi, finalement, peut-être pour une expérience incarnée du collectif.

En même temps tout cela, la tentation de faite sports-études et la fougue des gymnases, c'était avant Obama. Ce ne sera plus jamais pareil maintenant.

10/11/2008

Trois parcs (nouveau départ)

Il y a eu Don Giovanni au Four Seasons Centre for the Performing Arts à Toronto, Halloween au Drake (une soirée déjantée en diable, pleine d'élégance et d'abandon), puis la victoire de Barack à Washington. Bien. L'excès de réjouissances peut nuire à la santé et l'oeil un tantinet réprobateur de ma coach la dernière fois que l'on a passé en revue le chapitre "exercice" n'est pas loin. Premier jooging à New York ce soir donc pour mettre un terme à cette passade de débauche et achever en action un week-end en douceur.

Surgir sur la 88e et filer vers Central Park en coupant West end, Broadway, Amsterdam et Columbus. Remonter vers la 90e pour pénétrer dans le parc (aider au passage une américaine francophile qui peste contre la faiblesse de l'éclairage à se repérer dans les parages). Rejoindre le réservoir. Au milieu de la ville, un lac. Manhattan tout autour, de l'Ouest comme de l'Est, semble y être aspiré au travers des reflets qui convergent vers le centre du plan d'eau, presque débarrassé à cette heure des coureurs du dimanche. Se lancer dans la longue allée tortueuse qui contourne le lac, boucler le tour, puis plonger vers le Sud dans les contre-allées du West side.

Là, sortir à hauteur de la 80e en direction de l'Ouest et, à hauteur de Columbus Avenue, bifurquer vers le parc du Museum d'histoire naturelle ; le traverser jusqu'à la 78e, où nous avions visité cet appartement d'avant-guerre magnifique et décadent comme un palais sicilien perdu au centre de New York (mais aussi en plein milieu de l'effervescence de la ville...). Remonter la 78e - qui a été le lieu de nombreux tournages, comme d'ailleurs la 88e récemment pour "Law and Order" (une équipe est même venue faire un repérage à la maison) - jusqu'au rond-point qui surplomble Riverside.

Couper le rond-point et, par dessous, rejoindre la cour du restaurant du bord de l'eau (faire un tour d'honneur au passage juste pour le plaisir d'une célébration loufoque à contretemps) et remonter l'Hudson River vers le Nord au long de la marina qui, dans l'obscurité, rappelle le New York du début du siècle, centré sur le Sud et les berges. En face, la côte du New Jersey semble épouser la forme en créneaux d'une sorte d'enceinte imaginaire dessinée par les lumières de la côte.

Au bout du quai, remonter Riverside Parc, longer le replat plongé dans le sous-bois jusqu'au bout de la piste, puis emprunter l'allée qui remonte vers Riverside Drive, au pied du monument au mort, sous le drapeau US. Ce n'est plus le drapeau embarrassant de Columbus, c'est soudain celui d'une Amérique nouvelle. Non pas un salut, mais un signe de connivence. Souffler deux minutes autour de ce bloc de pierre qui domine l'Hudson. Remonter en marchant la 88e, sur le trottoir d'en-face. Sentir, du mileu de la chaussée, les lumières diffuses des façades gondolées de rotondes de ces row houses Queen Ann inonder la rue. Au 320, rentrer à la maison.


06/05/2008

Une confidence d'Obama

Tombé à nouveau ce matin sur cette confidence d'Obama à propos de sa mère, en essayant de terminer à l'arraché une note de lecture sur le Durpaire & Richomme ("L'Amérique de Barack Obama") pour nonfiction.fr :

"Je sais que c'est l'esprit le plus bienveillant et généreux que j'ai rencontré, et que ce que j'ai de meilleur en moi, je le tiens d'elle".

04/03/2008

Obama's Ohio Tornado

Nous voilà à la veille du scrutin décisif de l'Ohio. La journée a été magnifique, annonciatrice du printemps qui guette après avoir été si longtemps bloqué par des températures oscillant entre - 5° et - 15° et les épaisses couches de neige de l'hiver.

D'un coup ici, les gros paletots n'étaient plus de saison et le cèdaient témérairement aux tee-shirts. C'est comme si la vie commençait à s'ébrouer de nouveau. Pour le moment du moins : les vingt degrés de plus accumulés aujourd'hui auront disparu aussi sec demain matin. Aussi sec ? Voire : ce sont des trombes de pluie qui sont annoncées pour cette nuit et que l'on sent déjà poindre au loin, aux environs de minuit.

Dans la rue cet après-midi, au retour d'un déjeuner tardif et rapide chez Brown Bag, je croise, au carrefour de Kossuth et Mohawk, juste devant la gargote du coin, une vieille dame distinguée et malicieuse que je connaissais de l'association des jardins de German Village. Elle promène une petite boule de poils blanche aussi minuscule que joueuse, Noodle, son nouveau protégé de deux mois qui revient d'une de ses premières sorties au parc.

Nous devisons. Elle porte un petit badge en faveur d'Obama et me parle avec beaucoup de douceur. Son enthousiasme, que les chroniqueurs politiques attribuent d'ordinaire à la jeunesse américaine, est réjouissant (celui de Noodle aussi, mais davantage semble-t-il rapport avec le grattage de ventre dont on le gratifie qu'à l'électon qui approche). Elle aurait dû, selon toute hypothèse, voter pour Hilary ("she is the brain" lui rend-elle malgré tout hommage) - voire pour Huckabee, si elle avait penché pour les Républicains.

Mais non. Obama est au-dessus de la mêlée et elle a foi en sa réussite. Lui qui a prêché tous ces derniers jours dans les terres du Midwest, on le dirait en effet porté par un côté rédempteur... après huit années de catastrophe lâche-t-elle, affligée autant par les dégâts à l'intérieur du pays que par l'effondrement de l'image de l'Amérique à l'étranger.

Réjouissant, oui - et symptomatique de la campagne du sénateur de l'Illinois qui, partout où elle passe, fait bouger les lignes et donne surtout le sentiment de réunifier l'Amérique en un nouvel élan. "It's here, it's now, it's us : Vote" proclame encore une affichette universitaire bien en vue à l'entrée de la laundry, derrière, sur Third Street. Voici, de part et d'autre de la rue, la vieille dame et le bel âge réunis.

Moi-même, entre deux, je n'ai pu m'empêcher de ramener d'une déambulation nocturne hier une petite pancarte "Obama 2008 - Vote March 4th !" - pour la mettre bien en évidence sur le terre-plein devant la maison. Juste devant l'entrée des vieux réacs d'à-côté.

Normalement, les tornades ne remontent jamais aussi haut du sud. Pour ce qui est du climat en tout cas.

07/01/2008

Bruce Lee, Obama (Huckabee) et moi (3) Le retour du dragon (et de Chuck Norris par la même occasion)

Enfin, fuir : non (j'ai toujours eu du mal à tirer les leçons du passé, ça finira par me perdre dans le futur). Et mourir ? Vu comment il assure en karaté l'autre teigne là : peut-être quand même que ce serait difficile de passer au travers le zigouillage pour de bon ce coup-là.

Sous le regard dubitatif des passants, qui ne pouvaient pas comprendre vu qu'ils avaient raté l'épisode précédent, je me suis donc mis en garde à mon tour, me suis déplacé de droite à gauche, ai fait craquer quelques cervicales - c'est un truc de karateka qui impressionne toujours, et que j'ai gardé pour les matins de torticolis, enfin surtout quand le torticolis est passé en fait, sinon ça coince douloureusement, comme quand cette espèce d'abruti de kiropracteur de Val Plaisance s'acharnait à me passer la numéro 23, ou la 37 je ne sais plus, alors qu'il voyait bien que c'était aussi coincé que le pouvoir d'achat à Marolles en Hurepoix, ce qui fait d'ailleurs que les arts martiaux sont très développés dans cette petite commune moche comme tout.

J'ai donc défié Bruce Lee.

Mais non : rien. Il était tout simplément pétrifié. On aurait dit une vraie statue. Il n'y a pas eu de combat du coup. C'est là qu'on voit bien que La fureur de vaincre, c'était que du cinoche. Je ne dis pas que j'étais très fier de cette victoire, qui consacrait plutôt la faiblesse de mon adversaire que ma maîtrise des arts martiaux, mais enfin, une vieille névrose se dénouait, enfin - forcément avec un peu de tristesse, on s'attache.

Le pire avec tout ça c'est qu'en rentrant, et cela malgré les avertissements répétés de Zach Manifold, le patron des Démocrates du coin, j'ai fini par rater le meeting d'Obama au Convention Center de Columbus.

Quel con quel con quel con ce n'est pas possible d'être aussi con.

Juste avant le Cauca de l'Iowus, en plus.

Battre Bruce Lee à plates coutures, être soudain libéré de mes fantômes, voir s'ouvrir alors de nouveaux horizons et pouvoir notamment apporter mon soutien actif (ainsi que quelques conseils stratégiques) à Barack pour son meeting à la maison, et passer à travers, non mais, je vous jure...

Je me demande s'il y a vraiment lieu à commenter plus avant cette histoire - débile, et voilà tout. Ce serait un peu comme imaginer qu'en face, Chuck Norris, l'adversaire historique de Bruce Lee (dans La fureur du dragon notamment) apporte son soutien à Mike Huckabee et que celui-ci sorte vainqueur du premier scrutin dans le Midwest.

Il y a tout de même des limites à la connerie, vous ne trouvez pas ?