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13/08/2009

Toasts (2) Régine : la Petite Reine, suite (portrait de l'épouse en dynamo de progrès)

"Chers Olivier et Annie,

En tant que témoin d'Olivier, je ne peux pas ne pas évoquer toutes ces longues et belles années d'amitié, tout d'abord une relation prof-élève, avec un premier contact un peu rude (n'est-ce pas, Jean-Charles ?) où deux gamins espiègles et frondeurs se croyaient tranquilles pendant l'heure du midi lorsque les classes sont normalement désertées... jusqu'à ce que je les repère et les apostrophe...

Et puis, je crois, ensemble une belle année de cours, de découvertes, d'exigences (eh oui !), d'amusements pour vous deux et, en fin d'année, l'envol vers d'autres horizons avec, pour Olivier, en pointillés et en rendez-vous variés et parfois hasardeux, le plaisir de nos apartés au bistrot, en pique-niques, en trajets "express" de voiture et, pour moi, le plaisir de te voir grandir, Olivier, changer, gagner de l'assurance et renforcer ta personnalité : Rouen, Paris, Sciences Po, Nouméa, le Quai d'Orsay, Eramet, l'Institut du Nickel en passant au niveau international...

Parallèlement, Charlotte à un an, dix ans, vingt ans, un jour trente ans... Ta protégée, portée par ton affection et ta bienveillance...

Est arrivée entre temps Annie, un si beau cadeau, qui semble née pour apporter l'harmonie, qui veille attentivement au bonheur de chacun, qui a su faire des épreuves de sa vie une dynamique de progrès et qui t'a entraîné dans l'aventure américaine.

Je me rappelle, Annie, notre première rencontre chez Olivier, Boulevard de Port-Royal, dans mon arrondissement fétiche du cinquième. J'arrivais, pas très fraîche, d'un cocktail, avec une amie, nous avons bu du champagne et tu avais transformé des radis en fleurs comme tu transformes des logements en lieux de vie et des relations en affection. Et puis nous sommes allés chez Marty : tu étais là, jolie, cachant une certaine timidité et les soucis de la vie sous un air paisible et charmant, parfois naïf et déroutant, et tu es devenue pour moi celle qui a le génie d'apaiser Olivier en le rendant heureux et en lui évitant de s'inquiéter. Styliste, étudiante puis recrutée aux USA et embarquant Olivier dans cette entreprise...

Aujourd'hui, revenus de l'Ohio, capables de trouver un formidable logement à New York, vous continuez à construire votre bonheur, bientôt à trois...

Olivier et Annie, vous nous bluffez, vous nous impressionnez, vous nous épatez et nous vous souhaitons une vie heureuse et sereine - en fait, tout simplement, une vie digne de vous deux."

Commentaires

Eh bien, tu m'as eu par surprise...

J'avais bien pensé que tu pourrais dire quelque chose. Mais je n'avais pas songé qu'en déroulant, en quelques paroles évocatrices, le fil d'années heureuses et mouvementées où j'ai en effet grandi sous ton regard confiant et bienveillant, tu me ferais cet effet-là.

C'était comme le raccourci magique des belles images de la vie offert au Salvatore de Cinema Paradiso par son ami Alfredo.

Pour moi, avec les airs de Don Giovanni interprétés par Jean-Philippe dans la chapelle de Riverside et, bien sûr, l'échange de nos voeux, tes paroles comptent parmi les moments les plus émouvants de ces deux jours.

Écrit par : Olivier | 14/08/2009

Là-dedans, je suis bien sûr sensible au rappel des collégiens qu'avec Jean-Charles, nous avons été, puis des années de formation et d'essor ultérieur.

Sans toi, avant d'avoir été dissuadé dans un voyage scolaire, article du Monde à l'appui, tu te souviens ?, de devenir journaliste sur les traces de mon oncle disparu, me serais-je pris pour Sartre en khâgne, puis pour Rocard à Sciences-Po ? Et, aujourd'hui, pour un écrivain en Amérique ?...

C'est vrai, Roland à sa manière vis-à-vis de Poune, comme toi vis-à-vis de moi, vous avez été, non seulement nos amis, mais aussi nos "mentors", comme on dirait ici.

Qui dira assez que ce rôle est le plus fondamental que l'on puisse jouer dans la vie des jeunes gens ?

Mais je trouve surtout que ton regard sur Poune, qui participe d'une même bienveillance, sur le rôle qu'elle a joué, la place qu'elle occupe dans ma vie (de plus en plus importante, en effet : elle ne parvient même plus à passer entre les portes coulissantes qui séparent la chambre du séjour ou même, hier soir, entre les barrières de Riverside Parc) et sa façon d'être, tout simplement - qui me fait penser, cette fois, au beau texte de Ponge intitulé : "Conception de l'amour en 1928" - est un regard juste.

De même qu'il y a des gens dont on dit qu'ils "ne sont pas des cadeaux", de même d'autres personnes sont de véritables cadeaux pour les autres : ils nous enchantent, nous accompagnent et nous entraînent.

(Je dois dire à ce propos qu'autant j'ai autrefois pensé que l'intensité de notre amour pour des êtres choisis devait en quelque sorte inversement s'exprimer, non pas par une tiède mise à distance, mais par une haine implacable de nos ennemis, autant, avec l'âge, cette idée me paraît une idée excessivement adolescente et latine, confondant, comme aurait dit Rilke, l'amour et l'impatience. Après tout, il suffisait de réécouter, là-dessus, à Riverside, le fameux passage de l'épître de Jean aux Corinthiens).

Poune a cette faculté naturelle qui ne fait pas seulement le sel, mais aussi la magie de la vie. La "Reine Sapoune", l'ai-je même appelée parfois lorsqu'elle me menait en bateau d'une façon qui, au lieu de m'agacer comme cela eût du normalement être le cas, me ravissait...

C'est une affaire qui dépasse en effet la "Petite Reine" que j'évoquai et qui, à son initiative, me fait faire des tours d'imbécile, mais heureux, à Central Park, dans la quiétude de cet été américain. Et qui annonce même une petite Princesse Sapounette, qui promet déjà.

Écrit par : Olivier | 14/08/2009

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